Fender brade tout – et ce n’est pas une promo

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J’explique pourquoi Fender pratique des réductions sans précédent sur toute sa gamme pendant l’été 2026.

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Depuis quelques jours, les plus gros revendeurs américains d’instruments soldent massivement tout ce qui porte le logo Fender. Et pas seulement les Fender : Squier, EVH, Charvel, c’est l’ensemble du groupe qui passe à la caisse.

Dans le même temps, les petits magasins indépendants murmurent tous plus ou moins la même chose sur les forums : ça ne se vend plus.

Promo de rentrée comme chaque année, ou premier symptôme d’une grogne qui s’installe ? C’est la question que pose cette vidéo.

Rappel des faits : deux dossiers qui pèsent lourd

1. La vague de procès

Fender a attaqué en justice de nombreuses marques à travers le monde (probablement des dizaines) au motif qu’elles copieraient le design de la mythique Stratocaster. Yamaha, Thomann et d’autres se sont retrouvés dans le viseur, avec au passage des contre-attaques judiciaires. De quoi construire une image de marque procédurière.

2. La sortie du PDG sur l’intelligence artificielle

C’est le point qui semblait anecdotique… et qui passe finalement le plus mal.

Dans une interview, le PDG de Fender a expliqué que la musique générée par IA n’était pas si différente d’un petit groupe qui joue des reprises avec de vrais instruments. Pour lui, dans les deux cas, c’est de la copie.

Le problème, c’est l’arithmétique de la chose : il existe des milliers, voire des dizaines de milliers de groupes qui vivent des reprises sur scène, qui divertissent un public de plus en plus nombreux et souvent avec des instruments Fender.

Autrement dit, le patron qui leur vend les guitares vient de leur expliquer qu’ils ne valaient pas mieux qu’un logiciel. Difficile de ne pas y voir un certain mépris pour sa propre clientèle.

Résultat : un climat de boycott larvé

Depuis plusieurs mois, on ne parle plus de Fender qu’en mal. Certains annoncent publiquement qu’ils n’achèteront plus la marque, d’autres le font plus discrètement, d’autres encore s’en moquent complètement. Mais la tendance de fond est là.

(À noter, la vidéo tient à le préciser : la nouvelle gamme Squier de cette année est plutôt une réussite. Tout n’est pas à jeter.)

Ce que révèlent les remises

C’est là que l’affaire devient concrète.

Aux États-Unis, des enseignes majeures comme Sweetwater et Guitar Center appliquent des rabais très importants sur les instruments Fender. Parfois plusieurs centaines de dollars par guitare.

Et cela touche toutes les marques du groupe : Fender, Squier, EVH (la marque d’Eddie Van Halen) et Charvel.

Bien sûr, il y a toujours des promotions à cette période de l’année. Mais l’ampleur interpelle. À titre de comparaison, les soldes Gibson observées cet été en France plafonnaient à 10-15 % sur quelques modèles seulement. On est très loin du niveau actuel des remises américaines sur le catalogue Fender.

Deux lectures possibles, pas forcément exclusives :

  • Fender a du stock à écouler,
  • Ce stock s’écoule moins bien qu’avant.

Des revendeurs américains commencent d’ailleurs à le dire ouvertement sur les réseaux sociaux : oui, Fender se vend moins bien cette année, et non, ce n’est probablement pas étranger aux affaires judiciaires ni aux déclarations du PDG.

Le signal faible qui en dit long

Autre indice relevé dans la vidéo : Andertons, l’équivalent britannique de Thomann, a publié une vidéo consacrée aux guitares « de forme Strat, mais pas Fender ».

Le revendeur prend soin de rester à l’écart de la polémique, mais le message est limpide : il existe désormais une demande identifiée pour des acheteurs qui veulent une Stratocaster… sans le logo Fender. Quand un distributeur produit ce contenu, c’est que la question revient trop souvent pour être ignorée.

L’équation en magasin

L’analyse la plus parlante est peut-être la plus terre-à-terre. Vous entrez dans un magasin, vous empoignez une Stratocaster ou une Telecaster américaine, vous regardez l’étiquette : 2000 à 2500 €.

Juste à côté, il y a une PRS Silver Sky. Ou une Yamaha Pacifica haut de gamme fabriquée au Japon. Moins chères. Et vous vous souvenez de ce que le PDG pense des musiciens qui font des reprises.

Il y a de bonnes chances que vous reposiez l’instrument. Ibanez, PRS, Yamaha, Harley Benton : les alternatives ne manquent pas, souvent aussi bonnes, souvent moins chères, et dirigées par des gens qui semblent respecter davantage les musiciens ; en particulier les amateurs, qui constituent l’immense majorité des guitaristes.

Et si tout cela était volontaire ?

La vidéo relaie une hypothèse formulée par Julien Bitoun, jugée pertinente : Fender est aujourd’hui aux mains de groupes d’investisseurs qui pourraient tout simplement vouloir céder la marque.

Dans cette lecture, la stratégie du chaos (multiplier les polémiques, attaquer à droite et à gauche) servirait à faire réagir un acquéreur potentiel.

Yamaha, plus gros fabricant d’instruments au monde, est le nom qui revient : un beau catalogue, et probablement pas trop cher à racheter.

Thomann pourrait le faire, ce qui serait « complètement fou », mais reste une possibilité.

Verdict : rendez-vous aux résultats financiers

Tous ces éléments restent, pour l’instant, des signaux dispersés. La réponse chiffrée arrivera avec la publication des prochains résultats de Fender, dans quelques mois.

Le pronostic de la vidéo est sans ambiguïté : les résultats devraient baisser. Et ce qui sera vraiment intéressant, c’est de voir quelle suite Fender donnera à cette séquence.