Le grand cauchemar de la guitare a commencé (et ça empire)

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L’industrie de la guitare traverse une crise silencieuse. En 12 mois : Gibson change de PDG, Fender multiplie les procès et flirte avec l’IA, et plusieurs marques historiques (Höfner, Recording King, G&L) sont en difficulté ou rachetées, signe d’une concentration inquiétante du secteur (Thomann en tête). Côté boutiques, c’est l’hécatombe (PMT, GAK, Sound Affects ont fermé). Deux causes : l’effondrement de la demande post-Covid et les droits de douane de Trump, qui coûtent des centaines de milliers de dollars aux fabricants (JHS, D’Addario). Le vrai risque à terme : moins de concurrence, donc moins de choix, des prix plus élevés et moins d’innovation.

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L’industrie de la guitare traverse une crise silencieuse

Ces douze derniers mois, une accumulation de mauvaises nouvelles dessine un tableau préoccupant pour l’industrie de la guitare. Prises isolément, ces actualités passent presque inaperçues, mais mises bout à bout, elles révèlent une situation qui ressemble davantage à une catastrophe qu’à une simple frayeur.

Le premier signal vient de Gibson, qui a changé de PDG. La marque assure que ce départ était prévu, mais le timing interroge, d’autant qu’il coïncide avec les difficultés d’autres acteurs. Chez Fender justement, le PDG multiplie les actions juridiques contre les marques qui reprennent le design de la Stratocaster. Plus surprenant encore, il a récemment tenu un discours étonnamment complaisant envers l’intelligence artificielle, la comparant à une simple reprise musicale entre amis. On peut se demander s’il ne prépare pas un virage de l’entreprise vers l’IA, avec peut-être un nouveau produit à la clé dans les mois à venir.

Le deuxième symptôme, plus inquiétant, est une concentration croissante du secteur. Höfner, le fabricant de la célèbre basse de Paul McCartney, serait en difficulté et pourrait être récupéré par Thomann, qui avait déjà racheté la marque d’amplis Engl en fin d’année dernière. Recording King a été acheté par St. Louis Music, et G&L, la marque créée par Leo Fender après Fender, connaît de graves difficultés et serait rachetée par Fender. Toutes ces marques historiques rencontrent des problèmes majeurs, et tout cela s’est produit sur une période très courte.

Côté distribution, on peut carrément parler de carnage. Un article de guitar.com rappelle que les enseignes PMT, GAK et Sound Affects ont fermé. Même si Andertons se veut rassurant en misant sur la qualité de son service, le signal est clair : marques historiques et détaillants souffrent en même temps, y compris les boutiques physiques locales.

Deux causes principales expliquent cette crise. D’abord le Covid : le confinement a provoqué un boom des ventes, poussant les fabricants à s’adapter, avant un effondrement brutal de la demande. Ensuite, un facteur politique : les droits de douane instaurés par l’administration Trump. Un article de guitar.com montre comment de petits fabricants américains sont fragilisés. EarthQuaker Devices est en difficulté, JHS estime que les tarifs lui coûteront plus de 200 000 dollars rien que sur les footswitchs, et évoque de possibles licenciements vers fin 2026. D’Addario parle d’un demi-million de dollars de surcoûts, qui devront forcément être absorbés, par les entreprises ou les consommateurs.

Le vrai danger à long terme reste la concentration du marché autour de quelques grands groupes. Moins de concurrence signifie moins de choix, des prix imposés et un frein à l’innovation. Même Thomann, entreprise européenne aux bons prix et au bon service client, ne peut être vu que d’un œil mitigé quand il rachète autant de marques emblématiques.

En conclusion, la situation semble durable, voire vouée à s’aggraver. Et vous, constatez-vous la même chose ? Voyez-vous cet avenir d’un mauvais œil ? Dites-le en commentaire.