Le récit de six années de modifications successives sur une Stratocaster premier prix achetée pendant le confinement de 2020 : réglages, changement de micros et de mécaniques, jusqu’à une tentative ratée de vieillissement accéléré au soleil. Verdict : l’instrument n’a jamais rivalisé avec les meilleures Stratocaster du marché, mais les compétences acquises et l’attachement construit au fil du temps valaient largement l’investissement.
Un retour inattendu vers la Stratocaster
En 2020, confiné chez soi, l’envie de redonner sa chance à la forme Stratocaster — délaissée depuis près de 20 ans — se concrétise par l’achat en ligne d’une guitare premier prix type années 60, en finition surf green. Première guitare abordable prise en main depuis la fin des années 90, elle surprend agréablement malgré ses limites évidentes face aux grandes marques : un vrai potentiel s’y dessine.
Les premières modifications, par nécessité
L’installation d’un jeu de cordes à tirant plus fort provoque un relevage du chevalet et un instrument devenu inaccordable — l’occasion d’apprendre à régler soi-même ce chevalet, puis de le bloquer pour mieux correspondre au style de jeu recherché. Le bord coupant des frettes est ensuite corrigé à l’aide d’un kit de lutherie acheté en ligne, avec un résultat approximatif mais fonctionnel.
Une expérimentation ratée
Convaincu que le bois des guitares asiatiques manquait de séchage par rapport aux instruments plus prestigieux, un essai hasardeux consiste à laisser la guitare plusieurs semaines en plein soleil durant l’été — une pratique clairement déconseillée. Résultat : le vernis change d’aspect, la guitare devient plus stable face aux variations saisonnières, mais aucune amélioration sonore perceptible ne se fait sentir.
Le vrai tournant : micros et mécaniques
Le remplacement des micros céramiques d’origine par un kit de la marque Fleor, avec un câblage entièrement refait à la soudure, apporte une amélioration sonore réelle. Le changement des mécaniques pour un modèle à blocage, combiné à une lubrification du sillet, transforme radicalement la tenue de l’accordage — un des changements les plus significatifs de tout le processus.
Le bilan après six ans
Malgré tout cet investissement en temps et en argent, cette guitare n’a jamais atteint le niveau des meilleures Stratocaster testées par ailleurs — elle reste identifiable comme un instrument d’entrée de gamme dès qu’on la prend en main, sans rivaliser avec une gamme mexicaine ou même l’entrée de gamme américaine de Fender, et encore moins avec un Custom Shop. Mais l’essentiel n’est pas là : apprendre à régler soi-même un chevalet, un manche, à lubrifier un sillet — ces compétences acquises au fil des années restent précieuses et continuent de servir aujourd’hui.
Une guitare devenue unique
Au-delà de l’aspect technique, cet instrument a traversé des déménagements, des ruptures, des voyages — un compagnon fidèle qui, bien qu’imparfait, est devenu unique par toutes les modifications qui lui ont été apportées au fil du temps. Ce n’est peut-être pas la guitare parfaite espérée au départ, mais c’est devenue, avec le temps, une guitare pleinement appropriée et aimée telle qu’elle est.

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