Une réflexion honnête sur l’accumulation compulsive de pédales d’effet, illustrée par une collection personnelle impressionnante d’overdrives et de multieffets rarement tous utilisés. Le multieffet numérique, combiné à un simple booster analogique, ressort comme une solution efficace pour couvrir 90 à 95 % des besoins sonores sans céder sans cesse à l’achat compulsif.
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Un inventaire qui prête à sourire
La liste complète des pédales possédées est longue : plusieurs overdrives et distorsions de marques différentes (Harley Benton, TC Electronic, Behringer), deux multieffets Zoom, plusieurs boucleurs et égaliseurs — au point de posséder, sans même l’avoir remarqué immédiatement, deux pédales de type Tube Screamer rigoureusement identiques. Un exemple concret qui pose une question simple : combien de pédales possède-t-on réellement, et combien en utilise-t-on vraiment au quotidien ?
Pourquoi on achète sans cesse de nouvelles pédales
Plusieurs mécanismes expliquent cette accumulation. D’abord, la recherche constante d’un « nouveau son », alors qu’en pratique, une simple pédale d’égalisation combinée à une bonne overdrive permet déjà d’obtenir une large variété de sonorités, proches de nombreuses références du marché. Les modulations (delay, chorus, phaser) se justifient davantage, chacune apportant une texture réellement distincte. Mais le vrai moteur reste souvent psychologique : la poursuite sans fin d’un « son idéal » qu’on a en tête, qu’on croit avoir trouvé à chaque nouvel achat, avant de s’en lasser et de repartir en quête d’autre chose.
Une forme de procrastination déguisée
Cette accumulation pourrait aussi fonctionner comme une excuse inconsciente pour retarder la pratique réelle de l’instrument : se dire qu’on ne peut pas encore bien jouer parce qu’on n’a pas encore « le » bon son, plutôt que de se concentrer sur le jeu avec le matériel déjà possédé. L’achat devient alors une illusion de progrès, sans réel impact sur la pratique musicale elle-même.
Le multieffet numérique, une solution pragmatique
Depuis le début de l’année, l’usage s’est concentré sur un multieffet Zoom, associé à un simple booster analogique en amont pour réchauffer légèrement le son — une combinaison qui, malgré une perte de fréquences inhérente à la conversion analogique-numérique, couvre 90 à 95 % des besoins sonores du quotidien. L’intégration d’une boîte à rythme et d’un looper facilite en prime une pratique plus régulière.
Une anecdote révélatrice
Un exemple concret illustre bien ce mécanisme d’achat compulsif : après avoir acquis un delay numérique pensant enfin trouver le bon son, une comparaison avec un delay analogique repéré sur internet a fait naître le doute — plutôt que de céder à un nouvel achat, un test de simulation de delay analogique directement sur le multieffet a permis de comprendre que le son réellement recherché était en fait un simple echo à bande (tape echo), déjà très bien modélisé numériquement sur l’appareil déjà possédé.
Le mot de la fin
Plutôt que d’investir dans une énième pédale boutique à 200 €, souvent une variation marketée d’un circuit déjà bien connu, un multieffet à 100-150 € associé à un simple booster permet d’explorer une large palette de sonorités (chorus, trémolo, fazer, univibe) pour un budget maîtrisé — sans garantir pour autant, avec une pointe d’autodérision assumée, de mettre définitivement fin à l’envie irrépressible de racheter de nouvelles pédales dans quelques mois.

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