Guitare Relic : Le Pire des MENSONGES ? 🤫

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Une réflexion sur les guitares « relic », ces instruments neufs vendus avec une finition volontairement usée pour imiter le vieillissement naturel. Entre analyse du marché, expérience personnelle sur une guitare Delton, et détour par la psychologie de l’achat, la question posée reste ouverte : s’agit-il d’un mensonge esthétique, ou simplement d’un choix assumé ?

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Qu’est-ce qu’une guitare relic ?

Une guitare relic est un instrument neuf, sorti d’usine ou d’atelier, mais fini avec une esthétique qui donne l’illusion d’avoir déjà été beaucoup joué : traces d’usure, pièces métalliques légèrement rouillées, parfois dans le but explicite de reproduire l’aspect d’une guitare des années 50 ou 60. Historiquement, ce type de finition apparaît dans les années 1990, popularisé à grande échelle par le Custom Shop de Fender — même si quelques luthiers avaient exploré cette idée avant, de manière marginale. Une hypothèse personnelle de l’auteur relie également l’essor de ces finitions à l’esthétique grunge popularisée par Nirvana et Kurt Cobain au début des années 90.

Un marché qui couvre tous les budgets

Les exemples ne manquent pas : la série Road Worn de Fender, fabriquée au Mexique avec une usure légère ; certaines Squier 40e anniversaire, dont le manche légèrement teinté et certaines pièces patinées évoquent le relic sans réelle usure du corps ; le Custom Shop Fender, qui propose plusieurs degrés d’usure ; et son équivalent chez Gibson, le programme Murphy Lab. Des constructeurs indépendants plus accessibles, comme Delton ou Or Mebar, proposent des relics autour de 2000 €. Des marques plus abordables se sont également lancées dans ce type de finition ces dernières années : Eart, une marque italienne inspirée des formes Telecaster et Stratocaster, la marque européenne FEM, la marque Vintage (fondée par Trevor Wilkinson), ou encore Fazley. Même Harley Benton, via Thomann, préparerait des instruments à finition relic.

Une expérience personnelle convaincante

L’auteur a testé une Stratocaster de la marque Delton, avec une finition « heavy relic » particulièrement poussée : vernis nitro, corps largement éclaté, à s’y méprendre. Le point qui a le plus marqué reste le confort du manche, dont l’arrière usé glisse remarquablement bien sous la main — une sensation que peu de guitaristes trouvent moins agréable qu’un vernis épais classique. Pour environ 2000 €, soit deux fois moins cher qu’un Fender Custom Shop équivalent, l’instrument impressionne par la qualité de sa finition.

Le son n’a rien à voir avec la finition

Un point mérite d’être clarifié d’emblée : une finition relic ne change en rien le son de l’instrument, qui dépend uniquement des micros, des cordes et de l’électronique — pas de l’aspect esthétique du vernis.

Avantages et inconvénients

Sur le plan des avantages, l’esthétique plaît généralement (question de goût), le confort du manche usé fait quasi-consensus, et posséder un instrument déjà marqué réduit l’appréhension de l’abîmer en le trimballant partout. Côté inconvénients, le prix reste le principal frein chez les grandes marques : de 5000 à 10 000 € chez Gibson pour un relic authentique. Sur les instruments plus abordables, la qualité de la finition est parfois décevante — simple retrait de peinture sur un vernis polyuréthane classique, loin du vrai vernis nitro qui développe naturellement un « faïençage » caractéristique en vieillissant.

La question éthique

Reste la question de fond : est-ce mentir que de monter sur scène avec un instrument qui semble avoir des décennies, alors qu’il vient de sortir d’usine il y a quelques semaines ? L’auteur ne tranche pas définitivement, mais penche pour une réponse négative tant qu’on reste honnête si la question est posée directement. Une nuance importante est toutefois soulevée : une finition relic sur une marque sans réel historique vintage, comme PRS, semble plus défendable qu’une finition qui cherche explicitement à imiter une vraie Telecaster ou Nocaster des années 50.

Un phénomène qui dépasse la guitare

La comparaison s’étend à d’autres domaines : le mobilier rustique vendu neuf mais vieilli artificiellement, ou les vêtements pré-usés — jeans, sweats, hoodies troués — parfois vendus plus de 1000 €. Une étude évoquée par l’auteur, consacrée à l’émotion dans la psychologie du consommateur, avance que 80 % des décisions d’achat reposent sur l’émotion, contre seulement 20 % sur la réflexion rationnelle. Appliqué aux guitares relic, cela suggère que l’attrait pour ces instruments tient avant tout à l’apparence et à l’histoire qu’elle raconte — même fictive — plutôt qu’à toute considération fonctionnelle ou sonore.

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