Comparaison entre la Harley Benton Fusion 2, achetée environ 300 € il y a 4 ans, et la PRS SE Silver Sky, signature John Mayer fabriquée en Indonésie autour de 700 à 900 €. La découverte que les deux guitares sortent de la même usine indonésienne relativise largement l’écart de qualité perçu entre ces deux instruments.
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Une Harley Benton qui n’a rien à envier à une PRS
La Harley Benton Fusion 2 appartient à la gamme Pro Series, positionnée comme la ligne professionnelle de la marque : des instruments modernes pensés pour le confort de jeu, fiables en studio comme sur scène. Achetée environ 300 € il y a quatre ans, elle se trouve aujourd’hui d’occasion autour de 200 €, un rapport qualité-prix jugé exceptionnel.
La finition à paillettes violet-rose de cet exemplaire ne plaira pas à tout le monde, mais le modèle existe dans des coloris plus consensuels. Les mécaniques à blocage facilitent grandement le changement de cordes, même si elles n’améliorent pas nécessairement la tenue d’accord. Le chevalet Wilkinson fonctionne bien, et les micros humbuckers, splittables via un bouton push-pull, complètent une configuration électronique dont le seul vrai point faible reste le sélecteur trois positions, capricieux et peu fiable — un défaut assumé, l’auteur ne jouant pas cette guitare sur scène.
Un manche qui traverse les saisons sans broncher
Le point fort de cette guitare reste son manche, au profil moderne en érable, associé à une touche en ébène et des frettes en acier inoxydable de type jumbo. Malgré quatre années passées dans un appartement de l’Est de la France, soumis à des variations climatiques importantes entre l’hiver sec chauffé et le printemps humide, le manche n’a nécessité qu’un seul réglage en quatre ans — un signe de qualité de fabrication. Le truss rod, accessible directement à la tête sans démontage du manche, est salué comme une évidence que trop peu de fabricants respectent encore aujourd’hui.
Les défauts : poids, micros et électronique perfectible
Tout n’est pas parfait pour autant. La guitare est relativement lourde, ce qui peut fatiguer lors de longues sessions de jeu debout. Les micros, jugés peu convaincants notamment en position simple bobinage (split), donnent un caractère plutôt froid et sombre, orienté rock moderne voire metal — un défaut compensé ici par l’usage d’un égaliseur. L’électronique dans son ensemble, sélecteur compris, trahit certaines économies de fabrication cohérentes avec un tarif sous les 500 €. Les modèles plus récents seraient équipés de micros plus polyvalents et moins froids.
L’expérience révélatrice avec la PRS SE Silver Sky
Fan du guitariste John Mayer, l’auteur a testé à plusieurs reprises la Silver Sky de PRS, disponible en version américaine (environ 3000 €) et en version SE fabriquée en Indonésie (700 à 900 € selon les configurations). Les deux versions diffèrent peu, si ce n’est par les mécaniques à blocage sur le modèle américain — le son diffère, sans qu’on puisse dire que l’un soit supérieur à l’autre.
En rentrant chez lui après avoir essayé la Silver Sky SE, l’auteur constate peu de différence de qualité perçue avec sa Harley Benton Fusion. L’explication : les deux guitares sont fabriquées dans la même usine indonésienne, chez Cor-Tek (Cortec), une entreprise coréenne qui produit également pour Squier et de nombreuses autres marques, sur des chaînes de montage différentes mais dans les mêmes locaux.
Le verdict
Au-delà d’une finition légèrement perfectible, l’écart entre ces deux instruments n’est donc pas le saut qualitatif qu’on pourrait attendre en payant deux à trois fois plus cher. C’est cette conclusion qui pousse l’auteur à conserver sa Harley Benton malgré ses défauts, et à recommander d’explorer les gammes plus haut de gamme de la marque — au-delà des modèles d’entrée de gamme à une centaine d’euros — pour qui cherche un excellent rapport qualité-prix, notamment chez Thomann où les retours restent possibles en cas d’insatisfaction.

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