Ils veulent le BOYCOTT de Fender sans REFLECHIR aux Conséquences

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Face aux appels au boycott de Fender suite à ses attaques juridiques contre les fabricants de guitares de forme Stratocaster, une mise en perspective des conséquences économiques réelles d’une telle démarche — un boycott efficace impliquant bien plus de marques qu’il n’y paraît, et affectant toute une chaîne de distribution locale.

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Un boycott, ça veut dire quoi concrètement ?

Boycotter Fender ne se limite pas à ne plus acheter de guitares de la marque. Le groupe Fender possède également Squier, Jackson (pour les amateurs de metal), Gretsch (pour les guitares hollow body jazz et rockabilly), Charvel et EVH (marques d’Eddie Van Halen), ainsi que les nouveaux produits Fender Studio (enceintes Bluetooth, interfaces audio), la marque de vibrato Bigsby, et même Groove Tubes, un fournisseur de composants électroniques pour amplificateurs. Un boycott cohérent implique donc de renoncer à un pan entier du marché de la guitare, bien au-delà des seules Stratocaster et Telecaster.

Une réaction en chaîne, jusqu’aux petits commerces

Au-delà de l’impact direct sur Fender, un boycott généralisé toucherait toute une chaîne économique locale : les distributeurs qui commandent les produits Fender pour les revendre en Europe, les transporteurs, et surtout les magasins de musique indépendants qui vivent en grande partie de la vente de ces marques. Priver ces acteurs locaux de revenus significatifs, en plus d’un contexte déjà incertain où l’on ne sait pas encore si les marques concurrentes (LSL, Or Mebar, Prodipe, Yamaha, PRS) pourront continuer à écouler leurs guitares de forme Stratocaster déjà en stock, représente une conséquence économique bien réelle, souvent négligée par les appels au boycott.

Une entreprise en difficulté financière qui se lance dans une cagnotte de soutien

Illustration concrète de cette tension : la marque boutique LSL Instruments, réputée pour proposer des guitares d’inspiration Fender jugées par beaucoup supérieures à l’original à prix comparable, a lancé une cagnotte en ligne pour financer sa défense juridique face à cette offensive.

Une position nuancée

Si la démarche de Fender suscite une réelle déception — la forme Stratocaster, utilisée sans contestation depuis 1954, semble difficilement justifiable comme propriété exclusive après plus de 70 ans d’usage généralisé par l’industrie —, appeler purement et simplement au boycott sans mesurer les conséquences économiques en cascade paraît une réponse trop simpliste. Le vrai argument de fond reste ailleurs : si des marques concurrentes parviennent à proposer, en s’inspirant de la Stratocaster, des instruments jugés supérieurs au même prix — c’est notamment le cas des Silver Sky indonésiennes de PRS, considérées comme meilleures que certaines Fender mexicaines, voire américaines —, cela devrait plutôt interroger Fender sur sa propre production plutôt que de chercher à éliminer juridiquement la concurrence.

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