Cinq guitares Gibson considérées comme des échecs commerciaux, de la Les Paul Recording pensée pour le jazz à la Firebird X, sortie à 4000 dollars et détruite en partie faute d’acheteurs. Entre curiosités techniques et décisions commerciales regrettées, ces modèles racontent une autre histoire de la marque.
La Les Paul Recording, une guitare pour ingénieurs du son
Restée au catalogue de 1971 à 1979, la Les Paul Recording est née de la volonté de Les Paul lui-même, guitariste de jazz, d’obtenir un son plus clean, pensé pour le studio. Ce modèle hybride reprend et fusionne deux guitares antérieures peu concluantes, la Les Paul Professional et la Les Paul Personal. Résultat : une guitare truffée de potentiomètres et d’interrupteurs, avec des micros basse impédance convertibles en haute impédance — une véritable console électronique plutôt qu’une Les Paul classique. Dépourvue des finitions habituelles de la gamme (tables flammées, motifs décoratifs), elle n’a jamais rencontré le succès, même si certains guitaristes la recherchent aujourd’hui pour ses possibilités sonores atypiques.
La Gibson M-III, un contretemps malheureux
Commercialisée entre 1991 et 1993, la M-III tente de surfer sur la vague du metal et du glam rock, avec une forme rappelant les superstrats japonaises façon Ibanez ou Jackson — un style très éloigné de l’ADN Gibson, davantage orienté vers les sonorités saturées. Le problème : elle sort en 1991, en pleine explosion du mouvement grunge porté par Nirvana, suivi de près par le punk rock. Le timing catastrophique scelle son destin commercial, malgré une rééditione en 2013.
La Reverse Flying V, le coup de cœur de la sélection
Produite entre 2006 et 2008, cette variante inverse simplement le corps de la Flying V classique, pour un résultat visuel très réussi, évoquant une flèche. Peu répandue, elle offre selon l’auteur un confort de jeu supérieur à la Flying V traditionnelle, tout en conservant des sonorités typiquement Gibson. Un choix intéressant pour qui cherche à se démarquer sur scène, disponible aujourd’hui à un tarif plutôt attractif compte tenu de son manque de succès commercial à l’époque.
La Sonex-180, une Les Paul au rabais
Sortie au tout début des années 80 et retirée du catalogue après seulement deux ans, la Sonex-180 visait à proposer une alternative économique à la Les Paul Standard, avec deux micros doubles à prix cassé, pour s’attaquer au segment entrée de gamme. Différentes versions (Deluxe, Standard, Custom) ont été tentées à divers tarifs, mais les micros bas de gamme n’ont jamais convaincu, condamnant le modèle à un oubli quasi total.
La Firebird X, un échec au goût amer
Sortie entre 2011 et 2013, la Firebird X se voulait la guitare électrique du futur, intégrant directement des modules d’effets embarqués. Au-delà d’une forme discutable, son principal défaut reste son prix : 4000 dollars, un tarif jugé totalement indécent, y compris pour l’époque. L’accueil commercial a été catastrophique, au point que Gibson s’est retrouvé avec un stock invendu si important que plusieurs centaines d’exemplaires ont été détruites au bulldozer plutôt que bradées.
Ironie du sort : ce modèle devenu rare est aujourd’hui activement recherché par les collectionneurs, avec des exemplaires atteignant plus de 40 000 dollars sur des plateformes comme Reverb — soit dix fois son prix de sortie, pour une guitare dont des centaines d’unités ont fini détruites faute d’acheteurs.

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