Test de la Harley Benton Delta Blues, une guitare acoustique format Orchestra à moins de 100 €, en okoumé laminé avec une finition patinée façon Delta blues américain. Malgré une finition sans prétention et quelques défauts prévisibles au niveau du chevalet, l’instrument tient remarquablement bien la route après plusieurs années d’usage intensif.
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Une guitare abordable inspirée du Delta blues
La Harley Benton Delta Blues affiche d’emblée son inspiration : une finition ancienne, marron grisâtre, patinée dès la sortie de la boîte, en référence aux instruments utilisés par les musiciens de Delta blues américains. Le corps, entièrement en okoumé laminé (un dérivé de l’acajou), adopte un format Orchestra, plus compact qu’une dreadnought.
Spécifications et premières impressions
Diapason de 64,8 cm, sillet de 43 mm, 20 frettes bien taillées dans un sillet en plastique : la fiche technique reste sobre, à l’image du prix, autour de 88 à 90 €. Seul réglage nécessaire à réception : un léger resserrage du truss rod pour redresser le manche. La construction utilise un barrage conique en épicéa, coupé sur quartier pour limiter le travail du bois dans le temps — un gage de stabilité pour ce type d’instrument.
La finition n’a rien d’exceptionnel, ce qui reste cohérent avec le tarif, mais l’instrument est parfaitement fonctionnel. Les cordes livrées d’origine (bronze) sont différentes des cordes Martin utilisées ici pour le test.
Des petits défauts à surveiller
Comme souvent sur ce type d’instrument, le bois du manche a tendance à légèrement rétrécir avec les variations climatiques, faisant ressortir le bord des frettes — un coup de lime occasionnel permet de corriger le problème sans gravité. Plus préoccupant à terme : le chevalet, dont le plastique blanc est marqué par les cordes, et dont le bois — une sorte d’acajou de qualité modeste — laisse présager un remplacement nécessaire dans les années à venir.
Le son et l’usage au quotidien
Sonorement, l’instrument reste dans son registre : on est loin d’une Martin, mais pour moins de 100 €, la guitare tient la route. C’est précisément ce qu’on attend d’un instrument de ce type : une guitare qu’on emmène partout, qu’on prête sans crainte, qui circule autour d’un feu de camp entre plusieurs joueurs.
Le verdict
Pour un débutant, l’achat d’un instrument pas cher comme celui-ci suppose d’avoir accès à quelqu’un capable de faire les petits réglages nécessaires — limage des frettes, ajustement du manche, choix de cordes adaptées — ou de prévoir un budget luthier. Pour un guitariste plus autonome sur ce type de bricolage, la Delta Blues remplit parfaitement son rôle d’instrument plaisir, robuste et peu coûteux. Après trois à quatre ans d’utilisation intensive, elle continue de bien tenir la route, malgré un chevalet qui devra sans doute être surveillé.

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