Inspirée par une enquête du youtubeur américain Phillip McKnight, une revue détaillée de la provenance de chaque pièce composant une Fender Made in USA. Malgré des composants secondaires (mécaniques, vis, potentiomètres) venant de Taïwan, l’essentiel — manche, corps, micros assemblés — reste bien américain, dissipant les doutes sur l’authenticité de ces guitares.
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Une polémique née d’un changement d’étiquetage
Les guitares Fender fabriquées à l’usine de Corona, en Californie, se reconnaissent à leur numéro de série débutant par « US ». Alors que la mention « Made in USA » figurait autrefois sur ces instruments, elle a progressivement été remplacée par la simple mention de la ville (Corona, California), voire par aucune mention du tout — un changement ayant suscité une certaine confusion, voire suspicion, chez les guitaristes.
Le détail de la provenance, pièce par pièce
Une enquête approfondie, menée à l’origine par le youtubeur américain Phillip McKnight, a permis de retracer l’origine de chaque composant. Les mécaniques viennent de Taïwan, le sillet et le manche en érable des États-Unis (voire d’Amérique du Nord au sens large, le Canada étant une source probable pour cette essence de bois), la touche en palissandre d’Inde, les frettes majoritairement des États-Unis (certaines venant du Japon pour des modèles vintage aux frettes plus fines). Les chevalets vintage à trois pontets viennent de Taïwan, tandis que les chevalets modernes à six pontets sont fabriqués aux États-Unis. Potentiomètres et boutons de réglage viennent également de Taïwan, tout comme les vis de manche et de pickguard. En revanche, le connecteur jack, sa plaque associée, le corps de la guitare et la plaque de fixation du manche sont d’origine américaine.
Le cas particulier des micros
Les micros restent le composant le plus complexe à tracer, mêlant aimants, cuivre et plastique dont les matières premières proviennent probablement en partie de Chine. Ce qui compte cependant, c’est que l’assemblage et le bobinage des micros s’effectuent intégralement aux États-Unis sur toutes les guitares américaines Fender.
Un assemblage final entièrement américain
Quel que soit le pays d’origine de chaque pièce individuelle, l’assemblage complet de l’instrument est réalisé en Californie, par des artisans et master builders de l’usine de Corona. La disparition de la mention « Made in USA » relève donc davantage d’une contrainte légale liée aux règles d’appellation d’origine (une part significative des composants ne provenant pas des États-Unis) que d’un réel changement dans le processus de fabrication.
Le verdict
Compte tenu de la provenance du manche, du corps, de l’assemblage des micros et de la fabrication finale, ces guitares restent authentiquement américaines dans leur conception et leur exécution. Le vrai débat qui mériterait d’être creusé porterait plutôt sur les réelles différences entre les guitares américaines et mexicaines, sachant que les deux usines restent géographiquement proches et partagent potentiellement de nombreux composants — un sujet qui reste, lui, encore largement à documenter.

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