Des statistiques Fender révèlent que seulement 7 % de la population tente d’apprendre la guitare par génération, et que 90 % abandonnent après un an. Un simple guitariste amateur qui persévère fait donc déjà partie d’une infime minorité — de quoi relativiser le sentiment fréquent de « ne pas être bon », largement biaisé par la comparaison avec les meilleurs guitaristes visibles sur internet.
Des chiffres qui remettent les pendules à l’heure
Une étude Fender, menée aux États-Unis mais dont les conclusions semblent transposables à d’autres pays occidentaux comme la France, estime qu’environ 7 % de la population tente d’apprendre la guitare au cours d’une génération. Rapporté à la population française (environ 69 millions d’habitants), cela représente près de 4,8 millions de personnes ayant un jour tenté l’aventure.
Mais le chiffre le plus frappant concerne l’abandon : après seulement un an de pratique, il ne reste plus que 10 % des apprentis guitaristes qui continuent réellement l’instrument. Simplement en persévérant au-delà de cette première année, on rejoint donc un groupe restreint, largement plus rare qu’on ne l’imagine.
Un statut statistique flatteur
En reprenant ces chiffres, jouer un peu de guitare, même modestement, place déjà une personne devant 93 % de la population qui n’a jamais essayé. Et continuer à pratiquer après la première année, période critique où la grande majorité abandonne, revient à faire partie d’une sorte d’élite musicale restreinte — quelqu’un qui connaît quelques accords et persévère se situe ainsi devant plus de 99,9 % de la population française.
Pourquoi on se sent quand même « nul »
Ce décalage entre la réalité statistique et le sentiment personnel s’explique principalement par deux biais de comparaison. D’abord, l’entourage : les personnes passionnées de musique et de guitare ont naturellement tendance à fréquenter d’autres musiciens, parfois des professionnels ou des professeurs, ce qui crée un sentiment d’infériorité par comparaison directe. Ensuite, internet et les réseaux sociaux : les algorithmes de plateformes comme YouTube, Instagram ou TikTok mettent en avant presque exclusivement les meilleurs guitaristes de la planète — le top 1 % voire 0,1 % mondial — tandis que les niveaux intermédiaires ou modestes restent invisibles, faussant ainsi toute comparaison réaliste.
Une observation concrète
Cette distorsion se vérifie facilement dans la vie réelle : jouer devant des personnes non musiciennes suscite presque toujours des retours élogieux, tandis que jouer devant d’autres guitaristes fait immédiatement ressortir les défauts techniques (rythme, articulation, justesse) — une différence d’appréciation logique puisque chacun développe une oreille différente selon son propre niveau de pratique.
La bonne pratique : se comparer uniquement à soi-même
Face à ce constat, la meilleure attitude consiste à ne jamais se comparer aux guitaristes professionnels ou influenceurs visibles en ligne, dont c’est justement le métier et dont la rémunération dépend directement du temps de pratique investi. Pour un guitariste amateur exerçant une activité professionnelle sans rapport avec la musique, l’objectif réaliste reste de progresser lentement mais sûrement, un peu chaque jour, en se mesurant uniquement à sa propre évolution — pas à celle d’une minorité ultra-visible et non représentative de la réalité du monde musical.

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