Est-ce qu’ils peuvent SAUVER la Guitare ?

Écrit par

dans

Une tendance de fond se dessine chez les grands fabricants de guitares : multiplier les collaborations avec des produits culturels populaires — jeux vidéo, cinéma, marques grand public — pour toucher de nouveaux publics. De Taylor x The Last of Us à Fender x Godzilla en passant par Epiphone x Retour vers le futur et Squier x Hello Kitty, ces éditions limitées, souvent chères, pourraient aussi contribuer à redonner un peu d’attrait à la pratique de la guitare chez les jeunes générations.

Liens utiles

Taylor et The Last of Us, une première inattendue

Le fabricant américain de guitares acoustiques Taylor a collaboré avec l’univers du jeu vidéo The Last of Us (devenu depuis une série télévisée), où la guitare tient une place importante dans la narration. Une des premières collaborations connues entre une marque de guitare et un jeu vidéo, avec des designs plutôt réussis, notamment un modèle noir particulièrement intrigant. L’objectif est clair : capter à la fois les fans de guitare et les fans du jeu, dans l’espoir que certains franchissent le pas vers l’instrument.

Epiphone et Retour vers le futur, une collaboration cohérente

Plus récemment, Epiphone a sorti une ES-345 inspirée de Retour vers le futur, un film où la guitare électrique occupe une place centrale — de la scène d’ouverture jusqu’à la scène finale, où le personnage principal emprunte une ES-345 pour interpréter une musique anachronique, censée avoir inspiré Chuck Berry. Vendue 2000 € en édition limitée, déjà épuisée et revendue aujourd’hui entre 2000 et 3000 € d’occasion, cette guitare interroge sur son public réel : fans du film, collectionneurs, ou guitaristes en quête d’un instrument rare dans cette configuration spécifique de l’ES-345.

Fender multiplie les collaborations improbables

Fender semble avoir fait de cette approche une véritable stratégie annuelle. La collaboration Godzilla, célébrant les 70 ans du personnage japonais emblématique, illustre ce rapprochement avec la culture cinématographique, sans lien direct avec la musique — dans la continuité d’une précédente collaboration avec le jeu vidéo Monster Hunter. Les tarifs de cette gamme japonaise oscillent entre 2000 et 3000 €, avec même une édition limitée à plus de 30 000 € pour un exemplaire unique réalisé par un luthier.

Squier et Hello Kitty, une troisième édition

Toujours chez le groupe Fender, la collaboration avec la marque Hello Kitty en est déjà à sa troisième édition limitée chez Squier, généralement écoulée très rapidement. Au-delà des fans de la marque japonaise, cette guitare simple micro semble surtout séduire les amateurs d’esthétique punk, en quête d’un instrument qui détonne sur scène. Malgré un tarif jugé élevé pour ses spécifications, le son reste honorable — mais l’inquiétude porte surtout sur la spéculation attendue une fois ces exemplaires limités arrivés sur le marché de l’occasion.

Une tendance à double tranchant

Ces collaborations entre grandes marques de guitare et produits culturels extérieurs à la musique — jeux vidéo, cinéma, marques grand public — semblent appelées à se multiplier dans les années à venir. Si les tarifs restent souvent excessifs par rapport aux spécifications réelles des instruments, cette stratégie pourrait avoir un effet positif : redonner de l’attrait à la guitare auprès d’un public plus jeune, biberonné à d’autres formes de culture populaire, dans un contexte où la pratique de l’instrument est en perte de vitesse par rapport aux décennies précédentes.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *