Julien Bitoun est-il un SNOB ?

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Une analyse à la fois taquine et admirative de la collection de guitares du guitariste et youtubeur Julien Bitoun, à travers deux de ses vidéos consacrées à son matériel. Entre guitares de luthier sur mesure, Custom Shop Fender et Gibson Reissue, le verdict final penche pour un « snobisme » assumé, mais toujours guidé par une vraie recherche de son plutôt que par le simple prestige de la marque.

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Un exercice ludique, pas un jugement

Julien Bitoun est un excellent guitariste et anime l’une des meilleures chaînes francophones consacrées à la culture guitare et aux tests de matériel. Cette analyse, volontairement légère, propose de passer en revue deux de ses vidéos consacrées à sa collection personnelle, en tentant d’évaluer son niveau de « snobisme » guitaristique — sans aucun jugement, l’auteur se plaçant lui-même très haut sur cette échelle imaginaire.

Les guitares de luthier : pas du snobisme

La collection débute avec plusieurs guitares de luthiers indépendants : Tony Girot d’Évreux, Sacha Stéphanovic en Bretagne (auteur de très belles copies), et Virgile Pilon (Blind Guitars) pour une acoustique. Verdict pour chacune : pas de snobisme particulier. Posséder une guitare de luthier reflète avant tout la recherche précise d’un son, d’un toucher et d’un feeling par un musicien qui sait exactement ce qu’il veut — pas une posture. Le goût récurrent pour les guitares à un seul micro, qu’on retrouve sur plusieurs de ces instruments, semble d’ailleurs faire partie intégrante du jeu de Julien Bitoun.

Heritage, un cran au-dessus

La collection comprend également une guitare de la marque américaine Heritage, fondée par d’anciens artisans de Gibson dans son ancienne usine historique. Ici, le niveau de snobisme grimpe légèrement : posséder une Heritage suppose de connaître l’histoire particulière de cette marque au sein de l’industrie musicale américaine, au-delà de la simple recherche de qualité sonore.

Les Custom Shop, entre attendu et surprise

Deux guitares Custom Shop Fender de Corona complètent la collection : une Squier Custom Shop reliquée, et une Stratocaster typée années 70 avec la grosse tête CBS. En théorie, un Custom Shop Fender déclenche instinctivement le niveau maximal de snobisme — l’argument étant qu’un luthier pourrait souvent proposer une qualité identique, voire supérieure, pour deux fois moins cher. Mais deux détails nuancent ce jugement : le choix d’une Squier plutôt qu’une vraie Telecaster (recherche d’un look particulier), et celui d’une Stratocaster années 70 plutôt qu’un modèle années 50-60 plus classiquement recherché par les collectionneurs — un choix justifié par Julien Bitoun lui-même pour des raisons de prix. Ces nuances évitent à ces deux guitares de basculer dans l’ultra-snobisme.

Gibson, forcément un peu snob

La collection compte également une Gibson Les Paul Reissue 56 en finition noire (habituellement disponible en Gold Top) équipée de micros P90, ainsi qu’une Gibson ES-335 signature Trini Lopez en noir — cette dernière faisant sérieusement grimper le curseur vers l’ultra-snobisme. La particularité de la tête de cet instrument, spécifique au modèle signature, tempère toutefois ce jugement : là encore, la recherche d’un son et d’une texture précis semble primer sur le simple prestige.

Le verdict final

Au terme de ce tour d’horizon, le constat est clair : oui, Julien Bitoun affiche un certain snobisme guitaristique, entre guitares de luthier, marque Heritage et deux Custom Shop Fender. Mais derrière chaque choix transparaît avant tout la recherche cohérente d’un son et d’un jeu au service de sa musique — celle d’un musicien qui se produit réellement sur scène et sur disque, bien loin d’un simple collectionneur en quête de reconnaissance sociale.

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