Une théorie économique appliquée à l’achat de guitares, inspirée de la « théorie des bottes » du romancier Terry Pratchett : acheter une Fender ou une Gibson d’occasion, même chère, ne coûterait finalement rien sur le long terme grâce à une décote quasi nulle à la revente — contrairement aux guitares premier prix, qui perdent une grande partie de leur valeur.
La théorie des bottes, appliquée à la guitare
Cette réflexion s’appuie sur la « théorie des bottes » développée par l’auteur britannique Terry Pratchett dans l’un de ses romans : sur le long terme, il revient moins cher d’acheter une paire de bottes de qualité, durable, plutôt que d’enchaîner des paires bon marché à remplacer régulièrement. Une théorie qui ne s’applique pas parfaitement aux guitares, mais dont l’esprit reste éclairant une fois transposé à l’achat d’instruments.
Trois exemples concrets
Une Fender Duo-Sonic mexicaine d’occasion, achetée 450 €, illustre bien le principe : dans quelques années, en cas de revente, il est fort probable de récupérer une somme proche du prix d’achat. Autre exemple, une Gibson Melody Maker achetée neuve il y a 13-14 ans autour de 400 €, qui se revend aujourd’hui environ 500 € dans le même état — un instrument qui, au final, n’a rien coûté, voire a permis un léger gain.
Un troisième exemple concerne une Fender Telecaster Highway One, achetée 600 € il y a une vingtaine d’années mais jamais totalement appréciée (manche difficile à apprivoiser). Revendue après 7 à 8 ans d’utilisation, elle a rapporté 750 € en s’alignant sur les prix du marché de l’occasion pour un modèle comparable — un gain net malgré une insatisfaction initiale.
Le contre-exemple : les guitares premier prix
À l’inverse, une Harley Benton achetée neuve autour de 400 € se retrouve aujourd’hui à seulement 150 € sur le marché de l’occasion — une décote de 250 €, non réalisée tant que l’instrument n’est pas revendu, mais bien réelle sur le papier. Ce contraste illustre la théorie centrale : les guitares premier prix, malgré leur accessibilité à l’achat, subissent une décote bien plus importante à la revente que les grandes marques reconnues.
Un paradoxe économique
La conclusion, volontairement provocatrice, inverse l’intuition habituelle : ce sont paradoxalement les guitares les plus accessibles à l’achat qui, sur le long terme, coûtent le plus cher — parce qu’elles perdent l’essentiel de leur valeur à la revente. À l’inverse, investir davantage dans une Fender ou une Gibson d’occasion, quitte à débourser 500, 800 ou 1000 €, représente une somme largement récupérable en cas de revente. Une personne aux revenus modestes aurait donc paradoxalement intérêt à privilégier ces marques reconnues plutôt que des instruments premier prix, contrairement à l’idée reçue selon laquelle les guitares accessibles seraient réservées aux petits budgets.

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