Retour d’expérience honnête, quatre ans après l’assemblage, sur le kit Harley Benton Telecaster à monter soi-même. Entre difficultés de découpe, réglages à reprendre régulièrement au fil du temps et modifications nécessaires pour un résultat vraiment satisfaisant, ce kit s’adresse avant tout à ceux qui veulent apprendre la lutherie plutôt qu’obtenir un instrument clé en main.
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Un cadeau personnalisé, quatre ans après
Reçu en cadeau d’anniversaire il y a quatre ans et décoré par toute la famille, ce kit Harley Benton Telecaster arrive nu, sans peinture, à finir soi-même. Contrairement à la plupart des vidéos publiées immédiatement après l’assemblage, ce retour d’expérience s’appuie sur plusieurs années de recul — de quoi révéler des choses que peu de créateurs mentionnent.
Un montage sans réelle difficulté technique
L’assemblage des éléments en lui-même ne pose pas de problème majeur : la notice est bien conçue, et aucune soudure n’est nécessaire pour le montage de base. La vraie difficulté se situe ailleurs, notamment dans la découpe manuelle de la tête à la scie sauteuse, un exercice délicat sans un équipement de luthier adapté.
Une guitare pas jouable dès le montage
Premier constat important : une fois monté et sous tension, l’instrument ne s’avère pas immédiatement jouable. Le bois a besoin de temps pour s’acclimater à son nouvel environnement (température, taux d’humidité), et l’accordage peine à tenir durant plusieurs jours après le montage. Il ne faut donc pas s’attendre à un instrument stable dès la sortie de boîte — un réglage complet, incluant l’ajustement du truss rod et du chevalet, s’impose dans le mois suivant l’assemblage.
Des composants d’origine décevants
Le chevalet et les mécaniques fournis avec le kit ne sont pas à la hauteur, tout comme les micros céramiques d’origine, jugés trop modernes et froids par rapport à un son plus vintage recherché pour ce type de guitare. L’électronique de base laisse également à désirer.
Le bois continue de travailler avec le temps
Un ou deux ans après l’assemblage, alors que le bois semblait stabilisé, la touche du manche a légèrement rétréci, nécessitant un limage des frettes qui commençaient à ressortir sur les bords — un phénomène courant sur de nombreuses guitares, mais rarement mentionné par les autres créateurs qui testent ces kits immédiatement après montage.
Des modifications indispensables pour un résultat convaincant
Face à ces déceptions, un remplacement des micros s’est imposé : une paire de micros de marque Fleor, achetée sur AliExpress pour environ 40 €, a nettement amélioré le son. L’électronique a également été changée pour de vrais potentiomètres fonctionnels. Ces modifications impliquent de ressouder les fils, les connecteurs d’origine n’étant pas réutilisables — un travail supplémentaire qui explique en partie pourquoi ce type de kit reste abordable : c’est à l’acheteur de faire le travail habituellement réalisé par un luthier en magasin.
Le verdict
Une fois toutes ces modifications effectuées, le résultat devient plutôt satisfaisant pour un budget total inférieur à 200 €. Mais ce kit s’adresse avant tout à ceux qui souhaitent apprendre les bases du réglage et de la lutherie, ou s’amuser dans une démarche proche du bricolage — pas à ceux qui recherchent un instrument clé en main, jouable immédiatement. Pour ces derniers, une Squier à 300-400 € ou même une Harley Benton toute montée autour de 300 € constitueront un bien meilleur investissement que ce kit, qui reste avant tout une expérience formatrice plutôt qu’un raccourci vers une bonne guitare.

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