Fender a annoncé au NAMM 2025 une nouvelle série Standard, fabriquée en Indonésie et vendue sous les 600 €, la gamme Fender la plus abordable jamais proposée. Le problème : ces guitares utilisent des micros à aimants céramique bien moins appréciés que les Alnico, pour un prix supérieur à des Squier indonésiennes mieux équipées.
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Le retour d’un nom historique
La série Standard existe chez Fender depuis les années 80, d’abord fabriquée aux États-Unis, avant de devenir dans les années 90 une gamme conçue au Mexique — remplacée depuis par les séries Player, Player II et Vintera. Pour 2025, Fender a décidé de ressusciter ce nom, mais cette fois pour une gamme entièrement fabriquée en Indonésie, avec trois modèles disponibles : une Telecaster à deux micros simples, une Stratocaster à trois micros simples, et une Stratocaster HSS avec un micro double au chevalet.
Sur le papier, rien d’anormal : proposer un instrument Fender abordable pour ceux qui n’ont pas les moyens d’investir 700 à 1500 € dans une guitare mexicaine ou américaine d’entrée de gamme a du sens. La fabrication indonésienne n’est d’ailleurs pas un problème en soi — c’est aussi le cas de nombreuses Squier très appréciées.
Le vrai problème : des micros céramique
Le choix qui pose question, c’est le type de micro utilisé. Fender a opté pour des micros à aimants céramique plutôt que des Alnico. Techniquement, un micro céramique remplace les petits aimants Alnico par de simples plots métalliques associés à une grosse barre d’aimant céramique à l’arrière — une solution moins coûteuse à fabriquer, mais qui donne un son plus brillant, avec un niveau de sortie plus élevé et, selon l’auteur, beaucoup moins classique.
Un comparatif qui ne joue pas en faveur de la Standard
Le point de comparaison choisi est une Squier Classic Vibe 40e anniversaire, également fabriquée en Indonésie, mais équipée de véritables micros Alnico — les mêmes aimants que sur les guitares haut de gamme Fender — pour moins de 300 €. On se retrouve donc face à deux fabrications indonésiennes : d’un côté une Squier avec de vrais Alnico à prix contenu, de l’autre une Fender Standard avec des composants revus à la baisse, pour plusieurs centaines d’euros de plus.
L’unique avantage tangible de la série Standard reste le logo Fender sur la tête, pour ceux qui refusent l’idée d’une guitare Squier — alors même que les Squier sont conçues par Fender et fabriquées en Asie, simplement commercialisées sans le logo principal pour ne pas cannibaliser les gammes mexicaine et désormais indonésienne.
Et si on change les micros ?
Une option consisterait à acheter une Fender Standard pour sa lutherie, puis à remplacer les micros. Mais à ce tarif, le prix final se rapproche vite de celui d’une guitare mexicaine — qui offre d’emblée de meilleurs composants et une qualité au moins équivalente, sinon supérieure.
Le verdict
Cette nouvelle série Standard ne devrait pas rencontrer un grand succès, sauf peut-être auprès des débutants peu regardants sur le choix des micros. Elle pourrait en revanche devenir un marché d’occasion intéressant pour ceux qui cherchent une guitare avec le nom Fender sur la tête, dans l’optique de la modifier par la suite.

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